01.05.2008
De retour (enfin presque)
J'avais un peu disparu, là je passe juste te faire un coucou. Et après je repars (en Norvège dis donc). Mais pas longtemps, après je reviens. Pendant ce temps-là, à Paris, le printemps est arrivé, il est reparti, l'été a pointé son nez (2 jours), l'automne l'a remplacé. Tout ça pour dire que ma note précédente "Il neige" est encore quasi d'actualité !
Sans rire, je te laisse quelques idées d'activités saines et sans danger, si jamais tu es de garde à Paris ce week-end :
- Lire Millenium, devenir addict, pester contre la traduction, se demander si Stieg Larsson est mort pour de vrai (c'est trop bête) bref, céder au must-have de la saison littéraire 07/08 (à part le parapluie, je veux dire)
- Réserver ta place pour aller voir Ged Marlon, humoriste rare et délicieux, seul en scène au théatre du Petit Montparnasse.
Après le spectacle qui se termine à 21h, on peut dîner à L'Entracte de la Gaité Montparnasse, par exemple d'un honnête plat de lentilles au magret. Atmosphère ringarde et chaleureuse (j'adore !) et petite addition. Sinon, plus sérieux, on peut aller là (j'ai pas testé mais je le vois partout, ça doit être bien. Tu me diras ce que t'en penses).
Pour rester dans la veine "Combattre le manque de soleil par le rire" tu peux aller voir Gauthier Fourcade, philo-poète frappé de rupture amoureuse dans le Secret du temps plié
- Squatter les coussins et les BD du bar Ourcq au bord du bassin de la Villette (se mettre à l'intérieur parce que s'il ne pleut pas, toutes les chaises longues sont déjà prises). Et après se faire un total-trip marocain à l'Atlantide (valeur sûre, couscous à tomber, des années d'expérience : réservation o-bli-ga-toire) (sauf si le pique-nique sous la pluie sur la quai de la Loire c'est ton truc)
- Aller chercher d'autres vrais bons plans chez My Little Paris : j'adore l'univers et les bonnes idées de ce site (et bientôt je mets ma blog-roll à jour) (mais d'abord je fais mon sac. Et avant ça, je retrouve mon billet d'avion.)
Bon week-end !
L'Entracte de la Gaité Montparnasse, 24 rue de la Gaité 75014, M° Edgar Quinet, Gaité
Bar Ourcq, 68 quai de la Loire 75019, 01 42 40 12 26, M° Laumière, Riquet
L'Atlantide, 7 av Laumière 75019, 01 42 45 09 81, M° Laumière
00:46 Publié dans Cafés & bars, Livres, Restos, Sorties pariziennes, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18.03.2008
Le puits des histoires perdues
Alerte spéciale pour toi, fana d'humour et/ou de littérature british : le Puit des histoires perdues de Jasper Fforde que je viens de finir ce soir est un pur moment de délice. Encore un truc qui peut t'aider à tenir jusqu'au printemps (J-2).
La suite des aventures de Thursday Next, détective littéraire super science-fictionnelle et frappée de scoumoune à répétition. J'avais déjà parlé ici de Thursday et de cette série délicieusement délirante alors que j'entamais le 2ème tome. Ca se confirme, il faut que tu lises cette série (en réalité : le 1er est génial, le 2ème moyen, le 3ème fantastique).
Les gros titres de l'actu en direct du tome 3 (ceci n'est pas un spoiler) : un mouvement social lancé par les personnages de comptines pour une durée indéterminée - Un stage de gestion de la colère dans les Hauts de Hurlevent perturbé par l'intervention d'un groupuscule armé - Hamlet, pressenti pour remporter le prix du Jeune Premier le Plus Ombrageux de l'Année, également nominé dans la catégorie Personnage de Shakespeare le Plus Ballot - La fin de Fido chien de berger remastérisée par Thursday Next...
Et surtout (enfin !) : toute la vérité sur la manière dont s'écrivent les livres et s'inventent les histoires.
Je t'en dis pas plus.
23:17 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jasper fforde, thursday next
01.02.2008
Real politik
Je viens de lire/voir un livre et un film également réussis sur la politique américaine : de quoi décrasser efficacement toute crédulité mal placée à l'égard des politiques - en rigolant un brin. Moi, ça m'a fait du bien.
La malédiction d'Edgar de Marc Dugain : Edgar, c'est J. Edgar Hoover patron du FBI pendant 48 ans, qui a fait et défait les présidents et la vie politique américaine à coups de dossiers croustillants et d'écoutes téléphoniques. Verdict de ce roman qui s'étale des années 1930 à la mort d'Edgar : pas un "grand homme" pour rattraper l'autre, tout juste si Roosevelt et Churchill sortent du lot : maniaques sexuels (mention spéciale pour les Kennedy évidemment) et surtout obsédés du pouvoir et du compte en banque. Je n'ai pas lâché ce roman qui balance avec talent : la mafia, les Kennedy brothers et Marylin, les assassinats en série... (c'est de la fiction bien sûr ;) Pleins de trucs super drôles aussi : l'affreux Edgar chez le psy, un grand moment.
Plus léger encore, La guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols*. Alors oui, c'est du pur Hollywood, on a l'oeil humide à la fin, et oui la choucroute de Julia Roberts en riche Texane défie la pesanteur et l'esthétique. Et puis on sait bien que cette idée d'armer les moudjahidins d'Afghanistan, ça ne s'est pas super bien terminé.
N'empêche qu'on en apprend de belles sur les dessous du Congrès et de la défense américaine. Et que ça faisait longemps que je n'avais pas vu une comédie sans me dire "dommage que le scenario/les dialogues soient bâclés". Quelques lignes bien senties ("Tant qu’on parle de drogue et de sexe, la presse ne voit pas le porte-avion qui passe derrière", "The Congressman has never been to rehab. They don't serve whisky at rehab.") servies par des acteurs superbes. Moi qui n'aimait pas Tom Hanks, j'ai failli changer d'avis, mais Philip Seymour Hoffman est encore mieux
Donc maintenant mon nouveau mot d'ordre, c'est : Déboulonnage & Réalisme. Te voilà prévenu.
...En tous cas, une petite cure ne me fera pas de mal, vu que ma base naturelle, soyons francs, c'est quand même idéaliste ascendant grosse naîve. Même moi je m'en rends compte : je peux pas m'empêcher de croire qu'au fond président**, député, etc c'est des fonctions super dures (tu saurais toi résoudre le problème du chômage ??). Et qu'en grattant bien il y a un peu d'intérêt pour le bien commun dans tout ça (le premier qui se moque je l'efface). Oh la la, la rechute me guette, vite faut que j'attaque American Tabloïd !
(Sinon : être canon avec une choucroute, une grande leçon pour nous toutes, par Julia Roberts)
* Si ça te branche, dépêche-toi avant qu'il sorte des écrans. Les frères Coen attendront bien quelques jours encore. D'ailleurs il parait que leur film est noir comme un four - limite j'ai peur d'y aller je me prépare psychologiquement.
** président je te parle hein, pas président bling-bling
22:30 Publié dans Cinéma, Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : charlie wilson, malédiction d'edgar
27.01.2008
Paris-Bollywood
La rue du fabourg Saint-Denis entre la gare du Nord et la Chapelle un dimanche soir : entre le RER B et la ligne 2, un voyage express. Direction sous-continent indien, Bombay, Ceylan, Pakistan... Stop dans un cash and carry : citron vert, gingembre (c'est ça qui me manquait pour ma soupe de ce soir), du riz basmati dans un paquet anonyme (et tant pis s'il est élevé aux OGM), du chili extra-strong et le plus précieux : cette odeur qui t'emmène direct à 7.000 km.


Un peu plus loin, j'achète 2 bollywooderies (8 DVD pour 10€, une affaire, mais je manque d'inspiration pour aller jusque là). Et puis avant de reprendre le métro un cheese nan exécuté avec maestria sous mes yeux pour continuer à m'évader en t'écrivant cette note.
J'en profite pour te signaler 2 livres magiques pour poursuivre le voyage.
River of colour, Raghubir Singh, Phaïdon : le regard d'un très grand photographe sur l'Inde éternelle - et c'est pas des blagues cette histoire d'Inde éternelle, la preuve : d'une photo à l'autre on saute d'une décennie à l'autre sans à-coup.
Bollywood, Dans les coulisses des Film Cities, Pierre Polomé et Virginie Broquet, Editions du Rouergue : De Bombay* à Delhi en passant par Hyderabad et Madras, le carnet de voyage de 2 Européens en quête de cinéma indien. Refoulés des studios, émerveillés, malades, ils racontent déceptions et moments de grâce. Pour la peine, ils sont revenus avec un petit trésor magnifiquement illustré dans leurs bagages.
*on dit Mumbaï aujourd'hui, mais nous les Français on ne change pas les noms des villes, même internationales, comme ça. C'est pour ça qu'on continue à dire Pékin et Bombay quoi qu'il arrive.
20:45 Publié dans Achats compulsifs, Livres, Restos, Sorties pariziennes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Inde, bollywood, Raghubir Singh
29.11.2007
Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes
"On prétend que le lait jaune de la chélidoine, cette mauvaise herbe envahissante, constitue un remède souverain contre les verrues. Aussi, depuis plusieurs mois, deux fois par jour, j’en arrache une tige pour traiter celle qui a poussé sur mon index, juste sous l’ongle. Sans grand résultat ; en revanche, je dois convenir que les verrues sont souveraines pour débarrasser un jardin de l’envahissante chélidoine.
Très médiocre élève en mathématiques, je me trouvais bien des 2 et des 3 qui sanctionnaient mes devoirs. Une note plus élevée, je ne l’aurais pas comprise.
Tout l’émerveille. Elle dépouille délicatement de son emballage le présent minuscule que le garçon lui a apporté avec son café : oh ! un sucre !"
Il y a quelques belles perles sur le blog d'Eric Chevillard, auteur notamment de Du hérisson, exercice de style impeccable et drôle. Découvert grâce à Un blog par jour
21:00 Publié dans Livres, Web | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, Chevillard, blog
18.11.2007
Polar Party
Vendredi dernier au couvent des Cordeliers, les livreurs organisait un nouveau bal à la page avec la Sorbonne sonore. L'occasion de vérifier que ce bal-là est toujours aussi réussi. Je suis arrivée trop tard pour profiter des cours de danse (cette fois-ci tango), mais j'ai adoré les lectures d'extraits de polars et les plages de bal entre 2 lectures. DJ Shalom, en parfaite complicité avec Norbert le batteur, m'a rappelé ce que c'est qu'un vrai bon DJ : un artiste qui enchaine les Rita Mitsouko et des tas de morceaux inconnus, mais en tous cas rien que des trucs dansants. Bref, le bal à la page, ça fait du bien aux oreilles à tous points de vue.
Côté lectures, voilà le programme qui te donnera une idée de ce que tu as raté et/ou des suggestions de bonnes lectures noires :
> Mademoiselle Maud de Boileau-Narcejac dans Nouvelles Noires
> La psychanalyse du frigidaire et Didier Daeninckx dans Passage d'enfer
> I got my mogette working de Jean-Bernard Pouy dans Le jour de l'Urubu (Jean-Louis, JMP, heureusement que j'avais fait un stage dans le marais poitevin avec vous, j'ai tout de suite compris de quoi on parlait !)
> Injustice de Jean-Paul Carminati dans Oeuvres inédites
> Le petit fût de Guy de Maupassant dans Les soeurs Rondoli
> Iceberg de Fred Kassak dans Qui a peur d'Ed Garpo ? (celui-là je le lis bientôt c'est sûr)
> Le coiffeur de Max Aub dans Crimes exemplaires
> Le crime russe de Alphonse Allais dans Vive la vie
> 2500 votes de Jean-Hugues Oppel dans Un tigre chaque matin
> La critique est facile, le polar est difficile de Francis Mizio dans Un quart d'heure, pas plus
Il manque les liens (mais tu trouveras ça tout seul comme un grand) et surtout le nom de tous les talentueux lecteurs-interprètes qui ont fait vivre ces textes avec éclat, mais j'ai plus le temps, Nos meilleures années m'attend depuis trop longtemps. Ah, et désolée pour la photo, cette boule à facettes perdue dans le plafond du couvent, mais en même temps c'est sombre à souhait, tu trouves pas ?
Edit de 23h36, bilan : une soirée à baguenauder entre un polar, le masque et la plume, la machine à laver et le web. Nos meilleures années va devoir attendre encore un peu (quelle idée aussi de faire des films de 2 x 3 heures). Bon, en tous cas, je te signale le site marrant de Jean-Paul Carminati, l'un des écrivains lus vendredi et l'un des joyeux drilles des Livreurs. On peut y écouter des extraits sonores de ses livres ce qui donne une idée du truc. A quand les livreurs sur dailymotion, hmm ?
20:00 Publié dans Livres, Sorties pariziennes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : polar, les livreurs
15.11.2007
Prozac littéraire - 2
La suite de ma série livres anti-coups de blues (Ici pour l'étape 1 - ne pas rater en commentaires les propositions de Françoise, Soum et Quintescent). Encore une flopée d'auteurs anglo-saxons et cultes mais la prochaine fois promis, je te dégote des lectures franchouillardes ET marrantes.
> Bill Bryson : journaliste américain exilé en Angleterre, Bill Bryson écrit des livres drôles sur les voyages, la science et même la langue anglaise semble-t-il. Tous ses livres ne sont pas parus en français, je te recommande quand même chaudement son Neither Here nor There, récit de son grand périple européen de Hammerfest tout au nord de la Norvège à Istamboul, sur les traces de son premier voyage 20 ans plus tôt. Entre temps Bill a pris du poids, s'est embourgeoisé et l'Europe s'est touristifiée d'un peu partout, mais il vit et raconte délicieusement les moments hors normes que goûte le voyageur en liberté. Ici ou là on peut compter sur quelques hôteliers pervers et chauffeurs de taxis hargneux pour rendre son récit hilarant.
J'ai ouvert puis laissé pour des jours plus tranquilles, son "Histoire de tout ou presque..." qui cause de notre planète et de l'univers avec pédagogie et humour. Instructif donc - et en cas de déprime, très efficace contre l'auto-apitoiement : l'histoire du big-bang, des atomes et de la matière remet vite fait les petits tracas à leur vraie place, tiens.
> L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde. Attention OVNI littéraire. 1985 en Angleterre : zeppelins, guerre de Crimée et passion des masses pour la littérature*. L'héroïne Thursday Next (oui, Jeudi Prochain, ahahah) appartient aux mystérieuses Opérations Spéciales, brigade Littérature. Son ordinaire : traquer le plagiat, le faux manuscrit, la traduction infidèle. Jusqu'à ce qu'un terroriste se mette à trafiquer les chefs d'oeuvre anglais dans le texte et sacrilège, kidnappe Jane Eyre dans les pages mêmes du roman. Riche en private jokes littéraires et british donc, mais assez irrésistible pour les amoureux des livres (la lecture préalable de Jane Eyre est un plus). Je suis en train de dévorer le 2ème titre de la série, Délivrez-moi, et il s'annonce aussi fada que le premier : à la page 35 l'un des personnages ne communique plus que par notes de bas de page - très efficace pour réveiller le lecteur blasé.
> Dans un genre moins cultureux/plus geek mais largement aussi délirant : H2G2 de Douglas Adams. Te souviens tu du film ? La bande-annonce est déjà un délice, le livre est encore mieux.
> Parmi les ancêtres de ces anglo-saxons givrés, il y a Wodehouse et son fameux Jeeves, valet aux neurones d'acier, toujours prêt à réparer les gaffes de son maître Bertram Wooster, aristo bien sympa mais tellement nigaud des fois, je te jure. Si tu ne connais pas encore Jeeves, plonge-toi dans l'un des volumes de la série, tous ceux que j'ai lus étaient parfaitement détendants.
> David Lodge a pondu plusieurs livres autour des profs des facs & co. Si tu penses que la vie des mandarins est chiante, apprends qu'un prof compare en détail la lecture et le strip-tease lors de l'incroyable conférence internationale d'Un tout petit monde - les échanges universitaires ont l'air bien mieux que Meetic, Match, etc. pour rencontrer le partenaire idéal, cultivé, prof. supp., ouvert et voyageur... Tout ça reste assez intello mais surtout très drôle. Mention spéciale pour Un tout petit monde donc et Thérapie (ce qui boucle parfaitement avec le Prozac, tiens).
*En 2007 en France, on a bien la Star'Ac pour passionner les masses. Alors pourquoi pas la littérature ? Dans un autre espace temps je veux dire.20:45 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livres drôles
06.11.2007
Prozac littéraire - 1
"Oh, t'as pas un livre marrant à me conseiller ? C'est dur en ce moment avec le mois de novembre/la vie/Sarkozy/le réchauffement climatique". Combien de fois ai-je entendu cette phrase ces dernières temps ? J'ai creusé ma mémoire pour trouver des antidépresseurs littéraires efficaces et sans effets secondaires. Et puis j'ai pensé que ça pouvait servir au-delà du cercle des dépressifs de mon entourage (eh mais je blague !). Je ne peux pas garantir l'efficacité de ma prescription, comme tu sais, les livres sont une affaire personnelle et hautement changeante. Si tu es allergique à l'humour anglais délirant, passe ton tour. Mais si tu es désespéré, lecteur du fond du seau (ou en panne de lecture), jette toi sur ces pages, elles pourraient bien te redonner le sourire.

> Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis
Destination le pléistocène, dépaysement garanti. Edouard, son fils Ernest et le reste de la tribu tente de survivre, d'améliorer leur ordinaire de pithécantropes et parfois - à force de patience et de chance - de faire avancer l'évolution. Roy Lewis répond ici à toutes les questions essentielles : le progrès - pour quoi faire, comment est né l'amour, comment tailler un silex décent en moins de 2 minutes - et bien d'autres encore. Je viens de le relire (moi aussi j'ai besoin de prendre soin de mon moral) : à l'heure des nano-techno et de nos angoisses écolos, ce livre de 1960 qui n'a pas pris une ride sonne avec plus d'ironie encore. C'est pas juste que c'est drôle : c'est court, fin, très bien écrit et traduit (par Vercors). Réjouissant.
> Pour le meilleur et pour l'empire de James Hawes
Un Anglais moyen, père divorcé, fauché, amoureux et au bout du rouleau se retrouve largué au milieu d'un jeu de télé-réalité dans la jungle la plus hostile de l'univers : ce n'est que le point de départ, mais je ne voudrais pas te gâcher l'intrigue de ce livre qui vole de délires en délires. A l'arrivée un flingage moral de l'ère Blair et de nos sociétés maudernes - version marrante et pleine de promesses. En refermant ce livre, je me suis demandée pourquoi nous n'avions pas un auteur comme ça en France pour brosser notre portrait sous l'ère Sarkozy*. Si tu en connais, merci de me les signaler de toute urgence, hein ?! Bon, ceci dit, j'ai pas lu le Yasmina Reza, c'est drôle ?
> J'avais déjà parlé ici d'un homme heureux d'Arto Paasilinna. Je recycle confirme.
En attendant de te poster la suite un de ces 4, j'ajoute qu'en cas de crise aigue L'enquête corse de Pétillon marche à tous les coups pour moi.
*En France, on a surtout des écrivains ultra égocentrés (Beigbeder, Houellebecq...), qui ne font rien qu'à se regarder leur nombril d'homme moderne paumé pour en sortir une longue plainte glacée. Ou alors, on a l'auteur social (François Bon, Jean Rolin...), c'est bien, mais alors là c'est pas drole - et pas toujours accessible. Ou alors on a Yasmina Reza. Bref, où sont nos Jonathan Coe, nos James Hawes, nos David Lodge ??
La BD, c'est Calvin & Hobbes de Bill Waterson, c'est bien aussi évidemment
22:50 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : livres drôles
30.09.2007
Spellman & associés
Bienvenue dans la famille Spellman : ici on est détective privé de père en fille, aussi il ne faut pas s'étonner qu'Isabel, 28 ans, ex-délinquante juvénile recyclée en détective insolente, soit soumise à une constante surveillance familliale au mépris de sa vie privée la plus intime (micro-espion dans son studio, manipulations frontales de ses petits amis, initimidations pour la maquer avec un avocat) ni même qu'elle épuche les comptes bancaires de ses futurs-ex avant de consentir à sortir avec eux. Quand j'avais 7 ans, je rêvais de devenir détective privé, hélas, je n'ai jamais dépassé la lecture d'Agatha Christie, puis Chandler, Hammett, Ellroy... Peut-être n'est il pas trop tard ?? En attendant, j'ai marché à fond dans cette histoire délirante de courses-poursuites, vengeances et chantages familliaux, écrite au démonte-pneu mais avec plein d'humour donc c'est pas grave (ou peut-être juste mal traduit ? J'avoue que j'ai souvent des soupçons en lisant les productions américaines en français, faudrait voir à mener l'enquête). Parfaitement distrayant, pile ce qu'il me faut entre 2 semaines de boulot trépidantes.
J'attaque La physique des catastrophes, dont on a pas mal parlé cet été aussi, dans un genre différent. Vais-je aller jusqu'au bout de ses 600 pages qu'on me promet bourrées d'effets de styles et de circonvolutions ? Rien n'est joué. A suivre...
Spellman & associés, Lisa Lutz, Albin Michel
17:40 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
23.09.2007
Confessions d'une radine
Harry Potter n°7 je l'ai lu (et fini héhéhé...) par longues plages tranquilles, sur le sable/dans mon lit/sur le canapé - de préférence avec des litres de thé pour mieux faire passer les émotions.
Pour le métro-boulot-dodo ordinaire, j'ai lu quelques japonaiseries plus ou moins authentiques (du mal avec Blackjack et Io Kuroda, mais j'ai beaucoup aimé le chat du kimono de Nancy Pena).
Et aussi Confessions d'une radine de Catherine Cusset, exercice d'autoflagellation d'une vraie malade de la dépense sur la voie de la réhab. Ecrit à l'économie - elle le souligne, c'est son style - son livre n'est pas une tentative de justification, mais bien un auto-règlement de comptes en règle. Catherine-la-radine comptabilise sans faille mequineries et bassesses et va jusqu'à se demander si elle n'a pas choisi d'écrire pour mieux rentabiliser, recycler sa vie.
Au passage, à force de la voir pointer sans faiblir la moindre de ses perversions pécunières, le doute s'installe. D'ordinaire, je me sens plutôt cool avec l'argent... Là, je me demande si moi aussi, je ne "calcule" pas, comme elle se reproche de le faire. Allons, comment puis-je dépenser joyeusement sans jamais faire mes comptes... et me retrouver en fin de mois à zéro ou presque - jamais en dessous ? Pas d'épargne, pas de dettes chez Cofinoga non plus : voilà qui s'est toujours vérifié pour moi, quels que soient mon revenu, les grosses dépenses ou les nouvelles rentrées. Moi aussi, j'ai donc mon compteur caché, qui vérifie que je ne franchisse jamais la ligne jaune, détermine MES lois de l'économie persos, fixe le maximum décemmment autorisé pour une paire de belles bottines ou un nouveau sac...
Si tu veux mon avis, ce livre est un excellent investissement : de quoi t'économiser une thérapie pour 3 francs 6 sous - et en seulement 144 pages ! En plus, je l'avais pris à la bibliothèque...
21:20 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note








